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Le charlatanisme: un fleau qui perdure.
 
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bou
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MessagePosté le: Sam 15 Déc - 10:29 (2007)
MessageSujet du message: Le charlatanisme: un fleau qui perdure.
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De la même manière qu’une carie attaque la dent, s’infiltre dans ces sillons et finit par la détruire, le charlatanisme fait des ravages dans notre royaume. Ces « praticiens » exercent leur « métier » en toute quiétude sans crainte d’être punis. Jadis, leur présence a été tolérée du moment qu’elle répondait à une demande réelle, mais aujourd’hui cette tolérance n’a plus de place. Ces « praticiens » ne se soucient guère des conséquences de leurs actes ni de leurs répercussions sur la santé de la population. Cette anarchie dans la pratique de la profession est préjudiciable à tout le monde. L’heure est grave.



La première loi portant réglementation de l’exercice des professions médicales au Maroc a été promulguée en 1916. A l’époque les « tbibs » et les « kablas » n’avaient pas besoin de titres ou de diplômes pour la pratique de la médecine arabe aux sujets musulmans. Ainsi l’exercice illégal se trouvait légalisé ou toléré dans la mesure où il répondait à une demande qui existait.



Il a fallu attendre1960 pour qu’il soit mis un terme à la tolérance provisoire en considérant tout non diplômé installé après 1955 comme un praticien illégal (dahir N° 1-59-367 du 19 Février 1960). Malgré cela, le fléau persiste et ces praticiens continuent d’exister sous différents aspects : On peut citer l’homme de religion ou « fquih », l’arracheur de dents ou « charlatan » dont la présence dans les souks est très remarquée, le barbier ou « hajjam » chirurgien autoproclamé, le mécanicien dentiste considéré comme « moderne » et « qualifié » en comparaison avec les précédents, et enfin les prothésistes diplômés. Il va sans dire que ces pseudo-praticiens –toutes catégories confondues- exercent en violation de la loi de 1960.



Le charlatanisme en chiffres

L’enquête nationale du ministère de la Santé en collaboration avec l’OMS révèle que :

* En 1993 :
- 61,2% des marocains consultent chez les non diplômés.
- Le choix thérapeutique de l’extraction dentaire est de 83%.
* En 1994 :
- 30% des patients présentent des complications infectieuses…
- 29% présentent des complications hémorragiques.

· En 1996 :
- 77% des actes sont réalisés chez les charlatans.
- 61% des sujets ignorent les risques encourus.
- 53% ne distinguent pas les praticiens diplômés des non diplômés.

Aujourd’hui ils sont estimés à plus de 7000 charlatans contre 2500 médecins dentistes.



Conséquences :



Tout chirurgien dentiste qui se respecte est pleinement conscient que la réalisation de tout acte nécessite le respect d’un certain nombre de règles. Les conditions d’installation, la connaissance du matériel et des instruments ainsi que leur utilisation rationnelle sont des éléments qui déterminent une bonne pratique opératoire.

L’interrogatoire et la mise en évidence de pathologies médicales ou de traitements spécifiques doivent conduire le praticien à respecter certaines règles liées aux facteurs connus ou suspectés d’après l’anamnèse.

Ces notions qui, pour nous chirurgiens dentistes, constituent le B-A BA de la profession sont totalement méconnues des charlatans, leurs actes ne sont guidés que par un savoir succinct acquis par la pratique empirique. De plus, ces pseudo-praticiens ignorent l’importance des examens médicaux et radiologiques, ne maîtrisent pas les techniques d’anesthésie et d’extraction qui nécessitent des connaissances anatomiques de base.



La manipulation du sang sans aucune protection comporte le risque d’infections graves (hépatite virale, sida, tétanos…), de même que l’utilisation d’un matériel souillé de patient à patient et l’absence d’asepsie entraînent la propagation d’un nombre considérable d’infections.



Dans ces conditions, tout acte si simple soit-il est susceptible d’avoir des conséquences graves aussi bien sur le plan locorégional que général : fractures dentaires et osseuses, virus véhiculés, hémorragies, syncopes, chocs septiques….et la liste n’est pas exhaustive.

A côté de ces complications, cette pratique illégale constitue un frein au développement de la médecine dentaire et donc à la promotion de la santé bucco-dentaire dans notre pays.

Le problème est grave et mérite une attention particulière. Seulement la question à se poser est…



Pourquoi cet attrait pour les praticiens non diplômés ?



Il s’agit d’un problème de ratio. L´Organisation Mondiale de la Santé a placé le seuil à un chirurgien pour 2000 habitants. Certaines estimations ressortent que presque 60% des chirurgiens-dentistes sont concentrés sur l’axe Casablanca-Rabat, il existe donc des régions où les soins dentaires sont quasi inaccessibles notamment dans les petits villages.



D’un autre côté, face aux lourdes charges qu´ils ont à supporter, les chirurgiens dentistes ne peuvent pas proposer un service toujours à la portée des bourses des patients. A ces raisons matérielles s’ajoute l’insuffisance de la couverture sociale et médicale dont le taux de couverture à nos jours ne dépasse guère 15% de la population active.



L’ignorance et le manque d’information sont des facteurs d’une grande importance : plus de la moitié des patients qui consultent chez les charlatans ignorent complètement l’existence des risques sur leur santé, de même qu’ils ne distinguent pas les praticiens diplômés des non diplômés. D’ailleurs le professeur Ahmed LAROUSSI chirurgien dentiste et porte parole du Comité national d´action et de lutte contre l´exercice illégal de la médecine dentaire a eu raison lorsqu’il a dit lors de l’une de ses interviews : « Comment une personne peut-elle faire la différence entre un chirurgien dentiste et un charlatan lorsque les deux ont pignon sur rue ? »



Devant tous ces problèmes le bureau d’hygiène municipal, la commission régionale d’hygiène et de salubrité et les autorités locales viennent obscurcir le tableau en n’accomplissant pas le rôle qui leur est dévolu et ce malgré la circulaire n° 23098 du 26 Septembre 1998 adressée par le Ministère de l’intérieur et demandant aux autorités locales concernés l’arrêt de la délivrance des autorisations d’exercer aux praticiens non diplômés.



Quid des institutions professionnelles ?



Conscient de la gravité de la situation, le conseil de l’ordre a appelé à la création d’un comité national d´action et de lutte contre l´exercice illégal de la médecine dentaire, chose qui a vu le jour en 1996. Le comité s’est fixé comme objectif l’organisation annuelle d’un séminaire de lutte contre l’exercice illégal de la médecine dentaire dont le 1er a eu lieu le 05 Avril 1997. Le but étant de faire participer des spécialistes de différentes disciplines (scientifiques, juristes, etc.) afin d’aborder le thème sous ses aspects médico-juridiques, en mettant l'accent sur les moyens à mettre en oeuvre pour endiguer ces pratiques et attirer l'attention des citoyens sur leurs retombées négatives.



La haute médiatisation et la mobilisation de la profession ont sensibilisé davantage les autorités du danger de cet exercice anarchique et ont permis de toucher un public aussi divers que le Ministère de la Santé, les leaders de partis politiques ou encore l'homme de la rue.



Nous pouvons dire que le danger que représentent les charlatans sur la santé de la population n’est plus à démontrer. Seulement, il s’agit là d’un problème qui ne se règle pas du jour au lendemain, supposons que l’on parvienne à éradiquer ces praticiens empiriques : Combien de gens n’auront plus accès aux soins ? Combien de pères de familles se retrouveront au chômage ? Leur réinsertion dans la profession est-elle possible ? Si oui, comment ? Devant un dossier aussi chargé le ministère de la santé devrait montrer plus d’intérêt à la question. De plus, il y va de l’image de notre pays qui – au début du troisième millénaire- compte beaucoup plus de charlatans que de chirurgiens dentistes………à bon entendeur.





Dr. DGHOUGHI S.* - Pr. El WADY W. **

* Résidente au service d’odontologie chirurgicale au CCTD de Rabat.

** Professeur d’enseignement supérieur et chef du service d’odontologie chirurgicale du CCTD de Rabat.


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MessagePosté le: Sam 15 Déc - 10:29 (2007)
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